Continuer – Laurent Mauvignier

livre_galerie_9782707329837

Titre original : Continuer
Auteur : Laurent Mauvignier
Editions : Les éditions de minuit
Prix broché : 17€
Prix Numilog : 11,99€

Quatrième de couverture : “Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.
Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.”

Mon avis : Plutôt mitigée je suis… En plus de faire partie de la rentrée littéraire, ce livre est un des quatre finalistes pour le prix Landerneau 2016. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous savez que je suis juré, avec d’autres, pour ce prix. Bref, nous ne sommes pas là pour parler de moi, mais du livre. Je vous avoue m’être ennuyée la première moitié du livre… Trop longue pour le peu d’utilité qu’elle a. Elle place le contexte de ce voyage mère-fils seulement. Arrive donc la seconde moitié, plus d’actions, un rythme plus accéléré et donc plus intéressant : on parle de ce voyage à l’aventure qui devrait permettre à Samuel de rentrer dans le droit chemin, de se découvrir. C’est aussi un voyage initiatique pour sa mère… On découvre donc la vie de Sybille, sa vie avant de devenir la mère de Samuel. On comprend le rêve qu’elle fait tous les soirs grâce à Samuel. Bref, une seconde moitié de roman vraiment intéressante sur la recherche de soi, la compréhension de soi, de l’autre et du monde. Il y a un petit peu de “faut pas être raciste, c’est pas bien” que j’ai bien aimé.  J’ai finalement aimé suivre cette aventure à cheval, cette vision du monde, des choses, des autres. En gros, une fois passée la première moitié, ce livre est vraiment top !

Quotes :

“C’est une bouffée de honte, comme si soudain elle prenait conscience de la prétention qu’elle avait eue pendant toute sa jeunesse. Car bien sûr, ça ne sert à rien de rêver, de ne pas savoir reconnaître qu’on n’est pas capable, simplement pas capable. Bien sûr, il a raison Benoît, c’est plus dur d’assumer d’être celle qu’on est,  de n’être que cette personne qu’on est. On est pas un autre. On n’est que ce corps, on n’est que ce désir bordé de limites, cet espoir ceinturé. Alors il faut apprendre à s’en rendre compte et à vivre à la hauteur de sa médiocrité, apprendre à s’amputer de nos rêves de grandeur, vivre au calme, à l’abri de nos rêves. Où est-ce qu’elle avait pu croire qu’une fille comme elle aurait pu écrire des livres, des romans ? Et même, un moment  elle avait travaillé comme une folle pour devenir chirurgien, et tout le monde l’en avait crue capable, tout le monde s’était trompé avec elle, oui, tout le monde lui disait qu’elle aurait fait son métier avec talent et abnégation. Tout le monde s’était  trompé pour la chirurgie, et heureusement, personne n’avait su pour le roman.”

“Voilà maintenant que son fils la rejette et rejette les musulmans parce qu’il fantasme un pays blanc et sans aucune aspérité – comme si elle-même n’était pas une fille d’immigrés ? Comme si le fait d’avoir la peau blanche faisait d’elle et donc de lui des Français plus français que quelqu’un dont le nom aurait des consonances arabes ? Est-ce qu’il sait que c’est un fantasme, et qu’accepter les musulmans ça ne veut pas dire devenir musulman ? Qu’accepter les pédés ce n’est pas devenir pédé ? Comme si les autres, il avait peur d’être contaminé par eux, comme si tous les discours qui la révoltent en France n’étaient pas tant le rejet de l’autre que la peur de se diluer en l’autre, de devenir l’autre ; comme si au fond, leurs discours racistes c’était juste l’incertitude sur soi, la peur de ne pas savoir être soi-même et d’être capable de le rester en face des autres. Comme si il fallait toujours penser une relation dans la domination ou la soumission.”

Et vous, vous l’avez lu ? Vous avez aimé ?

2 Replies to “Continuer – Laurent Mauvignier”

  1. […] n’est-ce pas ? Et bien, déjà, comme pour Continuer de Laurent Mauvignier dont je vous parle ici, il est question de crise identitaire, de la recherche de soi, mais pas que. Alors oui, il est […]

  2. Un livre qui est en grande partie inspiré d’une histoire vrai, celle que j’ai vécu avec mon fils il y a deux ans. Nous sommes partie trois mois au Kirghizstan à cheval, pour l’aider a dépasser une crise d’adolescence qui tournait mal, et apprendre a nous connaitre.
    Nous avons publié un livre qui raconte notre expérience humaine avec l’aide de Denis Labayle.
    “Dans les pas du fils”, semble répondre a l’adage “la réalité dépasse souvent la fiction”
    http://www.editionskero.com/ouvrage/dans-les-pas-du-fils

Leave a Reply