L’insouciance – Karine Tuil

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Titre : L’insouciance
Auteur : Karine Tuil
M.E. : Gallimard
Broché : 22€
Ebook : 14,99€

Quatrième de couverture : “De retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l’armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu’elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain, fils d’un ancien ministre et résistant juif. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. À la veille d’une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami d’enfance de Romain, Osman Diboula, fils d’immigrés ivoiriens devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité politique montante, prend alors publiquement la défense de l’homme d’affaires, entraînant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde.”

Mon avis : Comment vous dire, je ne sais toujours pas quoi dire de ce roman magnifique. Ce qui est sûr c’est que pour l’instant c’est mon coup de coeur pour le Prix Landerneau mais aussi mon coup de coeur de la rentrée littéraire. Très sincèrement, je ne m’y attendais pas, mais pas du tout. Bien que mon libraire m’ait dit que le Karine Tuil était le mieux de cette sélection, que David Foenkinos m’ait dit de voter pour elle, j’ai fait abstraction de cela lors de ma lecture, pour être le plus objective possible pour juger les livres de ce prix. Mais je dois avouer que WOW. Mais genre WOW quoi ! Genre truc de fou malade ! Genre THE Book de la rentrée littéraire quoi !
En gros, c’est un pavé le truc : 520 pages, autant vous dire, que j’ai déchanté en voyant le nombre de pages, parce que je m’ennuie souvent dans les si gros bouquins, c’est rare qu’ils me tiennent en haleine jusqu’au bout. Et pour la première fois depuis, je sais pas trop, super longtemps en tout cas, j’ai un véritable coup de coeur, pas le coup de coeur du : “c’était vraiment bien.” le coup de coeur du : “Ce livre est vraiment, mais alors vraiment une pépite !”
Vous vous demandez pourquoi j’ai tant aimé ce livre n’est-ce pas ? Et bien, déjà, comme pour Continuer de Laurent Mauvignier dont je vous parle ici, il est question de crise identitaire, de la recherche de soi, mais pas que.
Alors oui, il est question de crise identitaire, qui sommes-nous ? Sommes-nous noirs ? blancs ? juifs ? musulmans ? arabes ? chrétiens ? Français ? Africains ? Est-ce qu’un noir est Français ? ou un noir est Français avec des origines ? est-ce qu’un homme chrétien est juif parce que son grand-père l’était ? Devons-nous être définis parce des caractéristiques qui nous enferment dans des cases ? La case arabe, la case blanc, la case juif etc ? Ne pouvons-nous pas, être, simplement, humains ? Je pense que c’est la seule case digne et dans laquelle tout le monde entre. Alors oui, la petite fille de droite que je suis va probablement tenir un discours un peu gaucho, parce qu’elle est un peu socialiste quand même la gosse, oui oui je parle de moi ahah.
Je ne suis, en effet, pas pour cette distinction sur les origines quelles soient religieuses, liées à la couleurs de peau, à la nationalité… Personnellement, le premier adjective qui me vient n’est pas : “je suis Française” ou “je suis blanche” (et pourtant, je suis un vrai cachet d’aspirine, limite on pourrait croire que je suis morte si on ne me voyait pas respirer, ou dire des conneries), je suis plutôt une citoyenne, une citoyenne du monde. Je suis née en France oui, de parents Français, aussi, blancs, également, mais ma famille est tellement “multicutural” que je me sens juste “citoyenne du monde”, peut-être parce que moi aussi je suis en pleine recherche de qui je suis, mais même si j’arrive à me trouver, j’espère ne pas devenir sectaire. Je ne sais pas pourquoi, je parle de moi, je divague… Ahlalalalala…. Donc oui, crise identitaire. Ces gens noirs à qui on demande d’où ils viennent et qui te répondent “de Bretagne” parce que c’est vrai, c’est pas parce qu’on est noir qu’on vient d’Afrique, certains n’y ont jamais mis les pieds et ne se sentiraient pas chez eux, tout simplement parce qu’ils sont nés en France, issus de familles Françaises, avec une éducation occidentale. (Je ne sais pas si j’ai bien dit le truc, mais vous m’avez compris non ?). Autre crise identitaire, cette fois religieuse, avec ce PDG élevé dans la religion chrétienne et dont, jusqu’à son grand-père, ils étaient juifs. Cela fait-il de cet homme un juif ? Bien qu’il ne donne aucune importance à cette religion ? Pas sûre.

Ensuite, plus globalement, les thèmes de ce livres sont (j’ai presque l’impression de faire un PESTEL ahah) :

  • économique : avec ce PDG d’une entreprise de réseaux de télécoms (il me semble), extrêmement riche, puissant, influent etc. Où on découvre (pour ceux qui n’y connaissent rien de rien à l’entreprise) qu’une entreprise, sa survie, sa pérennité tient surtout à son image. Sans son image, tout s’effondre, et chacun doit faire attention à ce qu’il dit / fait publiquement.
  • politique : avec Osman Diboula, fils d’immigré ivoirien qui entre à l’Elysée. Coup de com ? Choisi pour ses compétences politiques ? On entre dans les coulisses de l’Elysée, où tout est calculé, tout n’est que stratégie.
  • sociologique : appartenons-nous à une case prédéfinie par notre couleur de peau ? notre richesse ? notre religion ? notre job ? Qui sommes-nous ? Comment être nous-même dans une société basé sur la superficialité des rapports humains ? Où tout est prémédité ? Où tout est calculé au souffle près…
  • la guerre : et oui, notre cher Romain, (j’ai adoré cet homme) revient quand même de l’Afghanistan. On nous montre une autre image de la guerre, pas forcément la meilleure. Enfin si, on a les deux. La belle image des soldats qui se dévouent corps et âme pour défendre notre pays, soldats que nous oublions beaucoup, c’est vrai. Et l’image de la guerre où il y a des bavures, des choses qui ne devraient pas arriver.
  • l’amour : et oui, l’amour est évidemment présent ! Et on le vit sous différents angles. C’est vraiment génial ! Suivant les couples de ce romans, les histoires ne sont pas les mêmes et n’ont pas la même intensité. Mais j’ai ma préférée. Si vous avez lu le livre, vous devez certainement avoir deviner laquelle, et si vous allez lire le livre, vous devinerez vite !
  • la religion : et on a le droit aux trois grandes religions : chrétiens, juifs & musulmans. Sans que ce livre soit trop lourd sur le sujet, ce n’est pas le sujet principal, il est abordé par petite touche et en lien avec un seul des personnages principaux, François, c’est le seul dont on connait sa religion et dont on en parle.
  • le terrorisme, qui dit roman politique-économique-actuel dit forcément, terrorisme. Alors non, ce n’est pas le sujet principal, non, on ne parle pas que de ça, et ça arrive même tard dans le roman, et non, ce n’est pas lourd, mais forcément, quand on parle de religions aujourd’hui, on parle aussi du terrorisme.

Je crois que j’ai fait le tour des thèmes, j’en ai peut-être oublié sous l’émotion, et dites-le moi en commentaire si c’est le cas.

Pour finir, ce livre m’a fait passer par tous les états possibles. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu mal au coeur, j’ai ragé, je me suis énervée, j’ai été émue, bref, je suis encore toute chamboulée de ma lecture… Et ça fait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé. QU’EST-CE QUE CA FAIT DU BIEN ! En fait, j’ai juste envie de dire : lisez-le, lisez-le, s’il vous-plait, j’ai besoin d’en parler avec des gens de cette pépite de la rentrée littéraire. J’ai besoin de m’exprimer, j’ai besoin d’avoir des gens qui ont aimé, ou pas… J’ai tellement hâte de rencontrer l’auteur. Je vous raconte pas, si elle ne gagne pas le prix, je fais un scandale ! ahah. Je plaisante, on a pas tous les mêmes goûts, et heureusement, mais vraiment, je ne peux que vous dire de foncer l’acheter, de le dévorer, de prévoir des mouchoirs, de le lire avec qqn pour pouvoir en parler après…

Sur ce, j’arrête sinon mon article va être aussi long que le livre, d’ailleurs ça doit être l’article le plus long de mon histoire bloguesque ! Si vous avez eu le courage de me lire jusqu’ici, je vous en remercie. Et je ne vous le demande jamais, mais là, dites-moi ce que vous avez pensé de mon article, je suis partie un peu vrille, mais ce livre me tient tellement à coeur désormais ! Pfiouh. Je vous laisse enfin ! Je vous embrasse. Vous souhaite de bonnes lectures et DITES MOI SI VOUS LE LISEZ ! Et ce que vous en avez pensé ahah.

Ah oui, dans les commentaires, ne me parlez pas des fautes, j’en fais pas mal sur mac et smartphone, et j’ai grave la flemme de me relire en plus.

2 Replies to “L’insouciance – Karine Tuil”

  1. […] Et pour finir, mon énorme coup de coeur que j’ai eu la chance de lire pour Le Prix Landerneau : L’insouciance de Karine Tuil chez Gallimard ! Je ne vais pas vous en reparler, je vous ai assez saoulé avec ça je crois, du coup, je vous mets ici le lien de mon article. […]

  2. J’ai très très envie de le lire 🙂

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