Eclipses Japonaises – Eric Faye

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Titre : Eclipses Japonaises
Auteur : Eric Faye
Maison d’éditions : Seuil
Livre Papier : 18€
Ebook : 12,99€

Quatrième de couverture : “En 1966, un GI américain s’évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées. À la fin des années 1970, sur les côtes japonaises, des hommes et des femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent. Parmi eux, une collégienne qui rentrait de son cours de badminton, un archéologue qui s’apprêtait à poster sa thèse, une future infirmière qui voulait s’acheter une glace. « Cachés par les dieux », ainsi qualifie-t-on en japonais ces disparus qui ne laissent aucune trace, pas un indice, et qui mettent en échec les enquêteurs. En 1987, le vol 858 de la Korean Air explose en plein vol. Une des terroristes, descendue de l’avion lors d’une escale, est arrêtée. Elle s’exprime dans un japonais parfait. Pourtant, la police finit par identifier une espionne venue tout droit de Corée du Nord. Longtemps plus tard, le lien entre ces affaires remontera à la surface, les résolvant du même coup. Par la grâce de la fiction, Éric Faye saisit l’imaginaire et la vie secrète de ces destins dévorés par un pays impénétrable et un régime ultra autoritaire.”

Mon avis : Troisième lecture pour le Prix Landerneau ! Je tiens le bon bout !!! Bon, va falloir que je me presse un peu de lire le dernier, c’est mercredi que se tiennent les votes… aha. Alors je suis désolée, mais après L’Insouciance, c’est dur de faire mieux quoi. Néanmoins, j’admet que ce roman a des qualités indéniables ! C’est un bon roman, voire même très bon. Vraiment. J’ai beaucoup aimé l’histoire que je m’imaginais tiré de faits réels ; et oui, en allant sur le site des éditions du seuil, j’ai donc appris que ce roman était bel et bien tiré de faits réels. Amatrice de l’Asie depuis ma plus tendre enfance, croyez-le ou non, mais j’avais les yeux extrêmement bridés quand j’étais enfant, au points qu’on m’a toujours demandé si j’étais chinoise. Du coup, j’ai commencé à m’intéresser à l’Asie, leur culture etc. Ce roman m’a donc plu, il se base sur le Japon & la Corée du Nord. En gros, des gens se font enlever par des Yakuzas, évidemment, dans la presse etc, personne ne le sait, ce sont des disparitions mystérieuses… Où sont-ils ? Introuvables… Comme vous vous en doutez, ces gens sont emmenés en Corée du Nord, mais pourquoi ? A quoi bon enlever une jeune fille de 13 ans pour l’emmener en Corée du Nord ? Que vont-ils lui faire ? A quoi peut-elle leur servir…

Surtout, comment va se passer la vie là-bas ? Comment ces gens, retirés à leurs terres natales vont s’adapter aux coutumes et aux conditions de vie dans ce pays aux frontières très fermées, même hermétiques. Mais aussi, ces Coréens peuvent-ils vraiment être heureux ? Eux qui ne savent pas ce qui se passent dans le monde extérieur, à qui ont donne une mauvaise image du reste du monde, y croient-ils ? Sont-ils sincèrement heureux ? Et nos protagonistes enlevés, vont-ils, eux aussi, être heureux ? Voilà les questions de ce livre qui nous parle d’un pays dont on ne sait finalement pas grand chose tellement il est fermé. Mais il est intéressant de voir combien l’être humain peut s’adapter pour survivre, combien l’homme tient à la vie et combien l’amour contribue fortement au bonheur.

Je dois avouer que la Corée du Nord m’a toujours un peu intéressé. J’avais lu nouilles froides à Pyongyang de Jean-Luc Coatalem sur ce sujet aussi, j’avais beaucoup aimé l’histoire de ces faux/vrais représentants d’une agence de tourisme partis en Corée du Nord et qui nous racontent l’accueil, les visites etc.

Passage(s) du livre :

“Officiellement reçue, elle abandonnait derrière elle la Sae-jin des années de jeunesse. Où donc était passé ce moi sensible si familier ? Incapable de se reconnaître, ayant laissé sur place ses camarades au fil des épreuves, elle éprouvait désormais une sensation de vide inhabituel, dont elle ne pouvait parler à personne. Peut-être était-ce le premier effet du serment qu’elle avait prêté au début de sa formation : “Ma vie n’est plus ma vie, elle appartient à la Nation.” Ce serment, les marches forcées qu’elle avait dû effectuer à la fin de chaque journée durant ces années (parcourir en moins de deux heures dix kilomètres avec un sac à dos lesté de vingt kilos de pierres) l’avaient pleinement illustré. A chaque pas, elle exsudait un peu plus sa vie antérieure. A chaque nouvelle prise de taekwondo, elle mettait K-O. la Sae-jin d’avant.”

One Reply to “Eclipses Japonaises – Eric Faye”

  1. […] Eclipses Japonaises d’Eric Faye chez Seuil. Lecture pour le prix Landerneau, mon deuxième préféré du prix. Je ne vais pas être relou. Mon article est ici. […]

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