Lorsque j’étais une oeuvre d’art – Eric-Emmanuel Schmitt


Culture, Littérature / mercredi, mai 2nd, 2018

Titre : Lorsque j’étais une oeuvre d’art
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Maison d’éditions lue : Le Livre De Poche
Nombre de pages : 253
Date de publication : 30 septembre 2004

 

 

Partenariat : Non

 

Note : ❤❤❤❤/5




Quatrième de couverture
(pris sur livredepoche.com) : Lorsque j’étais une œuvre d’art est un livre sans équivalent dans l’histoire de la littérature, même si c’est un roman contemporain sur le contemporain. Il raconte le calvaire d’un homme qui devient son propre corps, un corps refaçonné en œuvre d’art au mépris de tout respect pour son humanité. Malléable, transformable, il n’est plus qu’un corps sans âme entre les mains d’un esprit diabolique dont le génie tient avant tout à son manque de scrupule.”

 



J’avais acheté ce livre lors du Livre Sur La Place à Nancy en 2016, ça fait donc bientôt deux ans qu’il est dans ma PAL. Il était temps de le sortir ! Mais j’ai souvent un souci avec cet auteur, une fois sur deux j’aime ce qu’il écrit. Par chance, ce roman est tombé dans la fois “j’aime ce qu’il écrit”. Ce qui est appréciable dans un roman d’Eric-Emmanuel Schmitt c’est que ça se lit bien, j’aime son écriture facile, fluide qui nous rend la lecture plus agréable et même : plus rapide. Cette fois, j’ai même eu la chance de découvrir un nouveau mot !

“Priapisme : Erection pathologique du pénis, prolongée et douloureuse, non liée à une stimulation érotique.”

Je vous la note parce que c’est toujours intéressant d’apprendre un nouveau mot je trouve ! J’adore rechercher dans mon Larousse des noms communs, ça me rappelle mon enfance où on ne cherchait pas tout sur internet. Chercher dans un dictionnaire, ça a son charme quand même ! Bon, oui, j’arrête, parlons du livre. Excusez-moi.

J’ai aimé ce roman pour son sujet ! Ou ses sujets, on y aborde le sujet sensible de l’art. Qu’est ce que l’art ? Jusqu’où pouvons-nous aller au nom de l’art ? Pouvons-nous transformer un Homme qui donne son accord en oeuvre d’art ? Pouvons-nous, avec son accord, lui changer complètement son apparence pour qu’il devienne notre oeuvre d’art et ce, du vivant de la personne ? N’est-ce pas une atteinte à un principe fondamental des droits de l’Homme ? “Nous ne sommes pas inaliénable” donc par conséquent, même si on signe un contrat pour devenir une oeuvre d’art, nous ne pouvons appartenir à notre créateur et être vendu ! Ne l’oublions pas. L’art va loin parfois, beaucoup trop loin car au nom de l’art, beaucoup de choses sont pardonnables…

Passons, l’art n’est pas mon domaine, je n’y connais strictement rien et ça ne m’intéresse pas plus que ça. Ce qui m’intéresse dans ce roman c’est le sujet de la recherche de la reconnaissance à tout prix. Parce que oui, je vais vous divulgacher (comme disent les québécois) les quelques premières pages du roman. Cet homme veut se suicider, parce qu’il a deux frères jumeaux qui sont des canons de beauté, ses frères ne le remarquent même pas tellement ils sont obnubilés par leur apparence qui est leur fond de commerce. Cet homme se trouve donc laid, sans valeur parce que pour lui, tout le monde remarque ses frères mais pas lui. Ca me rappelle beaucoup notre société actuelle basée sur l’apparence. Mais on y reviendra. On se demande donc, jusqu’où cet homme est prêt à aller pour devenir célèbre aux yeux de tous ! Et bien ça, vous le saurez en lisant le livre évidemment ! Bah oui, je ne vais quand même pas vous raconter tout le livre. Mais je peux vous dire que la fin est belle et que ce roman mérite d’être lu !

Revenons-en à notre société actuelle basée sur l’apparence. C’est un peu ce que dénonce ce livre, enfin d’après moi. Ce livre a été publié en 2004 chez Le Livre de Poche donc sûrement plus tôt chez l’éditeur de base. Nous sommes en 2018 et ce sujet est pile dans la tendance ! Au collège, les enfants qui arrivent dans l’adolescence (et parfois avant) ont déjà tous un smartphone, tous un accès à internet et donc tous un accès aux réseaux sociaux. Avant quand on demandait à jeune ce qu’il voulait faire, il avait des rêves plein la tête. Demandez maintenant à un jeune ce qu’il veut faire ; il veut devenir célèbre et riche sans avoir à trop se fouler. Il veut devenir youtubeur ! Pourquoi ? Pour que tout le monde le voit, l’aime et le reconnaisse. Personnellement je trouve ça hallucinant. On a tous et toutes vécu une certaines maltraitance au lycée / collège parce qu’on était pas le stéréotype de la meuf belle ou on a été méchant(e) parce que justement, on était beau/belle ! Ce culte de l’image, qui n’est pas nouveau mais qui est de plus en plus présent, omniprésent et important est terrible, mentalement on ne se sent pas “normale” parce qu’on est pas comme la star en vogue du moment. On est pas hyper mince et musclée, on ne fait pas 1m80 non plus. Malheureusement, à faire la publicité de tout ça, il est difficile de se sentir à l’aise au milieu de cette société toujours en train de juger sur l’image. Bref, je me suis un peu perdue non ?

 



“Il y a des être qui, de dos, nous promettent un secret. Leur nuque, leurs reins, leurs omoplates ont tellement de présence qu’ils nous remplissent d’appréhension. Lorsqu’ils se retournent, ils nous font vivre un coup de théâtre, avec ses risques : risque que nous soyons enthousiasmés, risque que nous soyons déçus. Elle tourna vers moi un visage qui m’éblouit, d’un blanc miraculeux, d’un blanc fragile et insoutenable, d’un blanc qui n’était pas seulement une couleur mais une consistance douce, souple, aérienne, poudrée. Elle avait un sourcil qui s’arrondissait plus que l’autre, comme si l’un s’interrogeait tandis que l’autre riait. Ses épaules, son buste, sa taille, tout cela coulait avec autant de nature que ses longs cheveux rouges. L’étrange silhouette… La précision des traits la rendait forte alors que son allure était objectivement fine et gracile.”



 

Avez-vous lu ce roman ? L’avez-vous aimé ? Avez-vous envie de le lire ? Dites-moi tout en commentaire.

A bientôt,

 

Annabelle.

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