Pourquoi j’ai démissionné de mon CDI.


Blabla, Lifestyle / dimanche, juin 17th, 2018

Bonjour, 

Aujourd’hui, article bla-bla, j’avais envie de vous expliquer pourquoi j’ai démissionné. Je ne sais pas pourquoi, mais je me dis que c’est une expérience à raconter !

Alors voilà, ça faisait un tout petit peu plus d’un an que j’étais en CDI dans une boutique de prêt-à-porter de ma petite ville, au début tout se passait bien, j’ai commencé mi-mai 2017. Même si il n’y avait pas un gros flux clients, j’avais le droit à mon téléphone ou même à un livre, parce que c’est quand même long d’attendre le client. La cible visée : les personnes âgées qui peuvent se payer un Tshirt à 45€ et un pantalon à 60€ pour vous donner un ordre de prix des articles. Tout ça, dans une petite ville, qui ne bouge pas et où les retraités ne sont pas bien riches. Donc ça allait, entre faire mon boulot de vendeuse, ranger le magasin et lire quand il n’y a personne, je ne m’ennuyais pas.

Puis arrive la nouvelle année, ce moment où j’ai eu une prise de conscience énorme : on surconsomme, on devrait vraiment faire plus attention pour notre planète, mon boulot ne me plait pas vraiment et j’ai envie d’être pleinement heureuse ! Et là, tout à commencer à aller de mal en pis. J’ai commencé à déprimer (pour ne pas dire avoir de nouveau des phases dépressives), “pourquoi je dois travailler pour gagner un salaire de merde (même pas 1200€), j’ai pas demandé à être mise au monde moi, c’est déprimant de naitre et de devoir travailler pour pouvoir avoir un toit sur la tête, du chauffage et de quoi manger. C’est quand qu’on vit vraiment ?” Et là, la descente… J’avais envie de profiter de ma vie, de profiter de mon chéri, c’est pas une vie de ne se voir que le soir, manger et dormir. Du coup, démotivée au boulot, ma patronne la ressentie et m’a interdit livre et téléphone parce que “ça ne donne pas une bonne image” ce qui est vrai, mais vu le nombre de clients qui viennent… Bref, du coup, j’ai commencé à être malade à l’idée d’aller travailler. Comme à Nancy à l’époque où je faisais mon BTS MUC alors que j’avais fait une CPGE ECT avant. J’étais malade à l’idée d’aller en cours parce que je savais que j’allais m’ennuyer, j’avais déjà tout vu. Bref, le médecin m’a dit que si je continuais comme ça, j’allais devoir dire au-revoir à un bout d’intestin, parce que le stress de m’ennuyer me faisait des infections à ce niveau là. Bref. Ca m’a fait la même chose pour aller au travail. Et c’est là que j’ai commencé à chercher un autre boulot, je n’avais pas envie que tout ça joue sur ma santé, j’ai une phobie de l’hôpital presque. Et puis mon chéri me demande de tenir jusqu’à nos premières vacances en août, j’en avais l’intention mais un élément m’a fait démissionner avant ça.

Un dimanche matin à 6h45, mon portable sonne, ma grand-mère, panique totale. Pas normal qu’elle m’appelle… Une petite voie, elle me dit qu’elle appelle le samu, elle va vraiment mal. Ni une ni deux, mon chéri et moi on s’habille, on roule beaucoup trop vite mais tant pis, on va chercher ma grand-mère pour l’emmener aux urgences. Je n’ai jamais autant de pleurer de ma vie, ma grand-mère, c’est comme ma maman, j’ai vécu avec elle pendant des années, tous les midis j’allais manger chez elle quand je travaillais. Bref, panique totale. 7 heures après être entrés aux urgences, on nous annonce qu’elle est transférer à la clinique de Chartres, elle a un calcul rénal qui est trop gros pour sortir seul, elle doit se faire opérer. Ouf, soulagement. Pfiouh, le stress retombe, sauf qu’ils ont voulu l’opérer à son arrivée et là, elle a fait un choc sceptique, donc sous antibiotiques et l’opération reportée et là, tachycardie le soir etc… (Je précise que ma grand-mère est diabétique, donc rien pour arranger les choses), ils commencent à s’intéresser à son coeur, ils recherchent un caillot dans le sang. Elle a fait un arrêt cardiaque. Transféré d’urgence à l’hôpital de Chartres en cardiologie, bon hôpital, ils se rendent compte de l’état de son coeur. Du coup, transfert à la clinique de Massy (je n’ai jamais autant roulé de toute ma vie, et première fois sur l’autoroute héhé), on est passé de lui poser des stens (je ne sais pas comment ça s’écrit) à quadruple pontage. Autant vous dire que j’ai eu la peur de ma vie. Quand je l’ai emmenée aux urgences j’ai cru au pire. La dernière fois que j’ai été à l’hôpital pour voir qqn, c’était mon grand-père qui est décédé d’un cancer à l’hôpital (le mari de ma grand-mère) et autant vous dire que j’étais très proche aussi de mon grand-père. Bref, rassurez-vous, elle va mieux, elle est en maison de repos. Même si ses cicatrices n’ont pas été bien faites et qu’elles “suppurent” comme dit ma grand-mère, tout devrait rentrer dans l’ordre, déjà elle marche etc. Restera plus qu’à opérer pour son calcul.

Donc voilà, ce qui est arrivé à ma grand-mère m’a mis dans un état terrible. J’ai été arrêté pendant presque deux semaines pour cause de stress. Pendant ces deux semaines je suis allée chez ma maman. Mon chéri et ma mère ne voulant pas que je reste seule avec des idées noires. Du coup, je l’ai aidé à la ferme, et c’est là que je me suis dit, je veux démissionner de mon boulot. Ca m’a fait un bien fou de me rapprocher de la terre, de la nature, de ma famille. Je voulais ouvrir une épicerie en vrac, finalement j’ai envie de me lancer dans le permaraichage (maraichage bio en permaculture). J’ai envie de donner un sens à ma vie professionnelle et je crois que ce sens je l’ai trouvé dans la nature. J’ai envie de cultiver des fruits et légumes bio pour redonner un sens à l’agriculture, pour essayer d’aider comme je peux notre planète, le sens que j’ai trouvé est sur le plan écologique, je ne sais pas comment vous expliquer, je pense que je ressens le même type d’engagement que quelqu’un qui s’engage pour les restau du coeur ou pour aider les migrants etc. J’ai découvert une nouvelle part de moi-même. Une Annabelle gentille, qui veut prendre soin de notre planète et d’aider les autres si elle le peut. Je me suis rendue compte de l’importance de la famille.

Du coup, j’ai donné ma démission le jour où j’ai repris le boulot. “Pourquoi tu n’as pas fait une rupture conventionnelle ?” J’y ai pensé, mais ça n’aurait très probablement pas été accepté et je voulais partir au plus vite. Ma patronne n’a rien su me dire d’autres que sa déception. Ce que je trouve dommage. Elle aurait pu me demander pourquoi je m’en vais si précipitamment, ce que je vais faire, essayer de comprendre mais non. Elle n’a uniquement compris qu’elle ne partirait pas en vacances avec ses enfants. Mais si elle m’avait demandé, je lui aurais dit que :

“J’ai décidé de démissionner parce que je m’ennuie, je viens au travail la boule au ventre, je suis malade en permanence à l’idée de venir travailler, être toute seule au magasin à attendre le client sans avoir le droit de lire ou d’avoir mon téléphone c’est pesant, l’ennui c’est pesant. Et il y a des choses que je ne cautionne pas dans votre façon de faire. Je m’estime mal payée. Mais surtout, ce travail va à l’encontre de mes convictions. Cette surconsommation me déplait, je ne comprend plus. Je n’ai plus envie. Et puis ces clientes aigries, de mauvaises humeur, impolie, méchantes, j’en peux plus tout simplement.”

Donc quitte à être mal payée, autant l’être en faisant quelque chose qui me tient à coeur, qui me plait, qui me ressource et qui me rend heureuse. Alors c’est vrai, je n’ai pas d’économies, je n’ai pas le droit au chômage puisque j’ai démissionné et que la loi pour avoir le droit au chômage en cas de projet professionnel n’est pas encore passée. Je vais probablement galérer mais je n’ai qu’une envie, créer mon projet de permaraichage ! J’attend un rdv pour ce projet. Je sais que sans apport, ça va être très compliqué de convaincre une banque de me prêter de quoi investir mais c’est pas grave. Je crois en mon projet bon pour notre planète et on verra.

Donc voilà je crois que je vous ai écris tout ce dont j’avais envie sur cette démission. Je ne vous ai peut-être pas encore dit que je me sens beaucoup mieux. Je ne me sens pas stressée, je me sens libre, je me sens revivre. Je peux m’habiller comme je veux, si j’ai une course à faire, je peux y aller en bottes, pantalon crade et je m’en fou. Je remonte à cheval et ça c’est le bonheur aussi. Bref, le plus important et que je me sente vraiment bien et libre !

J’essaierai de vous faire un article pour vous parler de mon projet de permaraîchage. Je continue de me documenter et de monter un dossier.

Voilà, sur ce, je vous remercie d’avoir lu ce pavé, je vous souhaite une bonne soirée,

à bientôt,

Annabelle.

 

 

 

 

6 réponses à « Pourquoi j’ai démissionné de mon CDI. »

    1. Merci beaucoup. J’imagine que tu le comprends, toi aussi tu es dans un boulot qui demande ce genre d’engagement si je ne me trompe pas. 🙂

  1. Coucou je découvre ton article au hasard d’un retweet et même si on ne se connait pas, je suis contente pour toi, contente que tu aies pris ton avenir en main et que tu aies fait le choix qui te semblais le plus juste et le plus en adéquation avec tes valeurs! Je te souhaite plein de bonheur (et pas trop de galères !)
    Mon copain est dans la permaculture et je m’y mets tranquillement! C’est très intéressant! Bon courage pour ton projet ! 🙂

    1. Merci beaucoup. Ah oui, ton copain est en permaculture dans votre jardin ou en tant qu’emploi ? C’est vrai que c’est super intéressant, je suis d’accord !

      Encore merci beaucoup pour ce gentil message. 🙂

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