Ma première rencontre avec une famille de migrants Syriens.


Blabla, Lifestyle / mardi, juillet 24th, 2018

Bonjour, 

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de cette merveilleuse rencontre que j’ai pu faire grâce à une personne que j’ai rencontré en lui vendant des légumes. C’est improbable mais c’est vrai et c’est une belle expérience qui commence !

En fin de semaine dernière j’ai appris par un post Facebook de cette dame qu’on appellera par son prénom Aurore qu’une famille de Syriens était arrivée dans son immeuble et qu’ils n’avaient absolument rien. Elle faisait donc un appel aux dons ! Appel auquel j’ai tout de suite répondu. J’ai donc commencé à fouiller dans notre maison pour voir ce que je pouvais leur donner : plein de choses !

J’avais des coffrets de soins pour le corps avec gel douche, tous neufs que je n’ai jamais ouvert, hop, ça va leur faire plaisir. Un plaid, j’en ai 6 je peux bien en donner un ! “Chéri, les lampes de chevets qui sont sous le clic-clac, dont on ne se sert pas puisqu’on a des lampe de chaque côté de notre lit, je peux les donner ?” Oui si tu veux ! YES ! Une jolie guirlande lumineuse qui dort sous le clic clac, ça pourrait faire plaisir à la jeune fille de 13 ans. Oh et puis j’ai un set de papeterie tout neuf dont je ne me sers pas et des carnets tous neufs aussi, je vais lui donner, ça devrait aussi lui faire plaisir. J’ai quelques vêtements, chaussures, sacs et accessoires aussi ! Allez Zou ! Dans le carton ! Et si je leur ramassais une salade du jardin et des betteraves ? Et pourquoi pas un bouquet de ciboulette et persil aussi !? Mais oui ! Et je pourrais piquer des légumes à la ferme aussi. Bon déjà deux gros cartons.

J’arrive à la ferme, j’explique ça à ma maman. “On va leur donner des légumes, des courgettes on en a plein, mets leur aussi des grosses si ils veulent les faire farcir. Et on va aller leur ramasser des pâtissons, et je vais leur mettre des oeufs et on va leur tuer un poulet ! Tiens prends des concombres aussi, ils sont déclassés mais ils sont super bons (déclassés chez nous ça veut souvent dire qu’ils sont trop gros pour les magasins ou tordus…) et un pot de basilic. Bon on a rien d’autres dans le champs pour l’instant. On leur donnera des PDT quand on en aura !” J’aime tellement ma maman. Elle ne roule pas sur l’or, moi non plus, vous connaissez ma situation. J’ai démissionné et donc pas le droit au chômage. Je n’ai donc aucun revenu. Ca commence d’ailleurs à être compliqué mais c’est pas grave. Mais bref, elle a un coeur énorme et a donné tout ce qu’elle a pu. Elle m’a même dit de regarder dans les jouets qu’elle a mis au grenier et dans les vêtements si il n’y a pas des choses à leur donner. On va regarder pour les meubles mercredi. Ma voiture était plein à craquer. Je vous jure, juste la place pour m’y glisser presque.

Et le moment où tu arrives sur le parking de l’immeuble, que ton amie vient t’aider à décharger accompagnée de la famille qui est, même si ils ne le montrent pas trop et ne disent rien, tellement heureuse, reconnaissante de ce que tu donnes, ça n’a pas de prix. C’est tellement beau de vivre ça ! Dans tout ça, une fois tout monté chez eux, où, un peu choquée, il n’y a qu’un lit, une table et 6 chaises dans la pièce principale, ils te proposent de t’assoir, te demande si tu veux du thé, du café ? Ils ramène un bol avec des graines de melon et même il te découpe un truc, au début j’ai cru que c’était du saucisson ahahah, mais en fait c’est une pâte de fruit avec des noix à l’intérieur. Une spécialité turque si j’ai bien compris. Bref, ils n’ont rien mais ils t’accueillent du mieux qu’ils peuvent et je trouve ça magnifique.

Quand les français perdent leur humanité face aux étrangers, sont racistes, voir ces gens qui arrivent, sans rien, qui ont fuit la Syrie, leur pays en guerre à pieds sous les bombes. Qu’ils ont donné leurs économies à un passeur pour arriver dans un monde meilleur, les voir qu’ils sont prêt à donner ce qu’ils ont pour te remercier et t’accueillir chez eux. Je trouve ça superbe.

Le petit de 2 ans et demi (je suis désolée mais je ne citerai pas les prénoms pour la simple et bonne raison que je ne les ai pas retenu… Il me faut les entendre plusieurs fois pour que je mémorise… C’est terrible…) bref, le petit de deux ans et demi, quand il a compris que le garage plein de poussière que j’avais sorti du grenier, les petites voitures et les quilles étaient pour lui, on l’a perdu, il avait l’air tellement heureux d’avoir des jouets, de pouvoir jouer tout simplement.

Je suis restée une heure et demie chez eux, je n’ai pas vu le temps passer tellement c’était chaleureux malgré la barrière de la langue. Ils ne parlent ni français ni anglais, ils parlent l’arable littéraire, le turque et le kurde. Du coup, pour communiquer, on a nos smartphone qui permettent de traduire directement.

Le papa avait un restaurant et la maman était couturière. Ils ont tout perdu mais on eu la chance d’arriver avec leurs enfants sains et saufs.

Si jamais vous voulez participer à cette aventure en faisant des dons afin de les aider à démarrer cette nouvelle vie, n’hésitez pas, si vous êtes du coin ou que vous êtes prêts à faire des envois postaux. Ils ont besoin de :

  • vêtements femme / fille T38/40
  • vêtements homme TL/XL
  • vêtements garçon en 13 et 10 ans
  • Chaussures enfants P38, P35, P24
  • Chaussures femmes P37 P38
  • Chaussures Homme P43
  • Jouets / Jeux (même fait main)
  • Meubles de SDB
  • Meubles de cuisines
  • Armoires
  • Bureaux
  • Meubles salon
  • Et ce que vous avez envie de donner que je pourrais avoir oublier si ils en ont besoin

Si jamais vous êtes une marque, entreprise ou autre professionnel prêt à faire un don, n’hésitez pas ! Je pense notamment à des maisons d’éditions qui auraient à nous donner des livres pour apprendre le français aux petits et aux grands. Ou des magasins d’ameublement qui ont des meubles un peu cassés mais fonctionnels

Je compte créer une association dans ma ville pour aider les personnes qui en ont besoin, qu’ils soient syrien, réfugiés politique, climatique, ou juste français qui a tout perdu.

Je pense qu’il est important de s’aider les uns les autres, peu importe notre nationalité, notre culture, notre religion. Si quelqu’un a besoin d’aide et que tu peux l’aider, n’hésite pas à le faire. D’une part ça leur permettra d’avancer, d’autre part, ça te permettra d’avancer, de te sentir heureux et utile. Du moins c’est que ce que je ressens.

Je sais que vous êtes bienveillants ici, mais j’aimerais demander quand même de ne pas publier de commentaires haineux, raciste ou “faudrait déjà penser aux français !” ou “ils ont le droit à plus d’aide que les français” (ils n’ont le droit pour le moment qu’à 180 en chèque de 7€ (en gros des chèques restau). Avec un enfant de 2 ans et demi, et 3 autres enfants…

Donc voilà, ça promet un échange culturel super enrichissant dans les mois à venir !

Voilà, je pense que j’ai oublié de dire plein de choses que je voulais vous raconter mais tant pis. Je vous ferais un nouvel article pour suivre cette aventure ! 

 

Bonne soirée,

Annabelle.

2 réponses à « Ma première rencontre avec une famille de migrants Syriens. »

    1. Oh merci ma belle. J’estime que c’est normal en fait. Pas pour tout le monde, c’est vrai malheureusement.

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